Mon Conte De Noël

En circulant sur Insta et Facebook en ce jour de Noël, j'ai vu bcp de mes confrères faire leurs vœux à leur communauté.


N'aimant définitivement pas faire comme tout le monde ou resservir du réchauffé, on va opérer autrement. 

Loin de moi l'idée que ces charmants vœux sont désuets. 


Pour cette année qui manque à mon goût de féerie, j'avais envie de te raconter la merveilleuse histoire que j'ai vécue. 

Déjà parce que quand je la raconte In Real Life, on me dit que c'est beau. 

Et puis aussi, juste, parce que j'en suis très reconnaissante. 

Et enfin parce que je t'avais dit qu'un jour je te parlerai de mon cheval.



Alors voici. 

Il était une fois, il n'y a pas très longtemps, une petite sauvageonne. 

Et cette sauvageonne, c'était moi. 


Depuis ma plus tendre enfance, les chevaux me mettent des paillettes dans les yeux. J'en ai toujours rêvé en dépit du fait que personne dans ma famille n'est du milieu.

Faute de moyens, j'ai attaqué les cours d'équitation assez tardivement, et uniquement parce que je les finançais par mes propres moyens en grande partie. 

C'était en mon année de 4ème, je trouvai cette même année, par le biais d'une amie de collège, une jument de propriétaire située pas très loin de chez mes parents, 

Luna. 



Petit cheval américain, monté western, avec du bouillon et un caractère bien trempé. Mais pas un brin de vice. 

Dès la première fois que j'ai posé les yeux sur cette jument noire, malgré la peur qu'elle m'a inspirée, j'ai su la chance que j'avais. 


Sa manière de te souhaiter la bienvenue sur son dos (et la toute première fois, j'avais 13 ans, très peu d'heures en selle au compteur, et seule en pleine cambrousse) c'est un départ plein galop dans le premier champ qui passe, après 30 mètres de pas. Histoire de voir si tu tiens ou pas !...  


Elle m'impressionnait du haut de son mètre quarante cinq, et pourtant, pendant les années qui suivirent, mes mercredis étaient tout à elle. 


Malheureusement, comme c'est souvent le cas avec moi, les interactions sont plus faciles avec les animaux qu'avec les êtres humains. Certaines incompréhensions et tensions avec le propriétaire et l'entourage de la jument, qui déchainait les passions, me poussa peu à peu à ne plus y retourner. 

"Des chevaux, il y en a d'autres !". 


Mais en fait.... Non. Pas des comme elle. 


J'ai continué l'équitation, trouvé d'autres chevaux de propriétaires, j'ai grandit et bâti ma vie... Sans jamais oublier ma petite jument noire. 

Toujours dans un coin de ma tête. A me demander ce qu'elle devenait. A m'imaginer la retrouver. 


Depuis mon retour dans mon village natal en mars 2019 c'était ainsi que ma vie suivait son cours, dans une douce plénitude, jusqu'au mois de mars 2021. 

Je gardais le projet d'avoir un cheval à moi, sans avoir envie de prendre le risque immédiatement. J'avais le temps. Comme pour tout dabs la vie, je pars du principe que quand c'est le bon moment, la porte s'ouvre d'elle même. 


On aurait pu sonner à ma porte avec Luna au bout d'une longe, ce jour là, le résultat aurait été le même. 

C'est une personne avec qui je n'ai plus de contact du tout qui m'a envoyé l'annonce Leboncoin. 

Ma petite quarter. Luna. 

Ma perle. 

20 ans. 

À vendre. 


Voilà. La porte était grand ouverte devant moi.

Et les vannes à chiale aussi, bien entendu. 

Parce que c'était envisageable. 

J'avais de quoi l'accueillir. 

Elle était à un budget accessible. 

De toute façon, je ne pouvais pas envisager de la laisser partir n'importe où, maintenant qu'elle est mamie, ça non. 

Le bonus ? On la vendait parce qu'elle est trop vive. 

Oh c'est bien elle, pas de doute. 


Deux messages par ci et par là. Mais au fond, je sais déjà. C'est MON cheval. 

Ça l'a toujours été. 

Je suis prête. Pour elle c'est OK. 

"Je vais aller la voir, ça ne m'engage à rien !" 

Bah voyons ! 


Toi et moi on connaît la suite. Tout s'est fait si vite, pas forcément facilement. Préparer les installations, et traverser les nuits d'insomnie, pétée de trouille. 

Et puis elle est arrivée, le 23 avril. 


Et depuis, je n'ai toujours pas vraiment réalisé. 

Elle est là, et ça semble si normal, si juste. Le droit chemin.

Voilà notre petite histoire, à Luna et à moi. 

Y'a pas eut de miracle de Noël, mais c'est mon premier Noël avec elle. 

Y'a pas eut de marraine la bonne fée, et c'est carrément mieux!


Et c'était ça que j'avais envie de partager avec toi, et puis de te dire de jamais perdre espoir. 

Même si ça met du temps, même si tu crois que c'est foutu, parce que moi j'aurais jamais pensé vivre ce réveillon avec elle cette année Si tu m'avais raconté ça l'an dernier ! 

Et pourtant elle est bien là. 

Et pour Noël je lui ai fait des cookies. 



Maintenant, Luna, Bor, Reptincelle et moi pouvons te souhaiter un très joyeux Noël et une bonne nuit.